Za 9, 9-10
Ps 144
RM 8, 9.11-13
Mt11, 25-30
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos (…) Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
A travers ces paroles, Jésus nous montre combien le sort de ceux et celles qui peinent, qui souffrent, qui rencontrent des difficultés, est au cœur de ses préoccupations.
Il est cependant important de préciser que Jésus ne dit pas que notre fardeau nous sera enlevé, que notre vie sera désormais sans fardeau, sans difficultés. Il dit simplement qu’avec lui à nos côtés, le fardeau de notre vie sera plus léger, plus facile à porter.
Et l’histoire de la bible, de l’Eglise et des communautés chrétiennes nous montre qu’elles sont nombreuses, ces personnes qui ont retrouvé, aux pieds de Jésus, la force de se relever, la joie de vivre ; elles nous montrent qu’elles sont nombreuses, ces personnes qui, auprès de lui, se sont senties moins seules et qui se sont mises à espérer.
Et que raconte l’histoire de notre propre vie? Combien de fois n’avons-nous pas, nous-mêmes, trouvé auprès de lui le soulagement, des forces, une énergie nouvelle ? Que de fois nous avons été rassurés, consolés par sa parole, par son corps et son sang, par le fait de lui avoir, en toute confiance, exposé les misères de notre vie ? Et si nous éprouvons le besoin de venir, à chaque fois auprès de lui, c’est bien parce que nous reconnaissons en lui celui-là même qui nous aide à porter les fardeaux de nos vies, à voir plus clair sur les chemins parfois sombres de notre vie.
C’est l’occasion de rendre grâce au Seigneur pour toutes les fois où nous avons senti sa présence apaisante et rassurante à nos côtés alors que nous ployions sous tel ou tel fardeau dans notre vie ; chaque fois où nous nous sommes sentis plus légers, soulagés, après une prière personnelle, après avoir écouté sa parole, après une célébration…
Comme chrétiens, disciples de Jésus, ces paroles nous invitent à reconsidérer la place dans nos vies, dans nos préoccupations, de ceux qui peinent sous le poids des fardeaux trop lourds à porter : fardeaux de la pauvreté, de la solitude, de la maladie, de l’âge, du deuil, de l’échec, de l’exil…
Saint Augustin disait : « Soyez bons et les temps seront bons. » Essayons d’être bons, et nous verrons que tout autour de nous sera meilleur, plus léger, plus facile… En effet, notre bonté, notre solidarité, notre patience, notre douceur, notre compassion, notre fraternité rendent les difficultés de ceux et celles qui nous entourent plus supportables, plus légères, plus faciles à porter.
Le Seigneur, qui ne nous a jamais abandonnés dans nos difficultés, nous invite, à notre tour, à faire preuve de solidarité envers ceux qui peinent. « La solidarité, c’est l’aîné qui tend la main au cadet, le valide au malade, le père à ses enfants. La solidarité, c’est aider chacun à porter le poids de la vie et la rendre plus facile. »
C’est l’occasion pour nous de rendre grâce au Seigneur pour toutes ces personnes, hommes et femmes, qui, par leur engagement quotidien, soulagent les fardeaux des leurs frères et sœurs. Rendre grâce au Seigneur pour toutes les fois où moi-même ai pris le relais en soulageant la peine des autres.
Oui c’est cela aussi former une société chrétienne : comprendre que notre mission commune n’est pas d’accumuler les richesses, de préserver les privilèges des puissants, mais de protéger les tout-petits qui, du fond de leur misère, peuvent encore entendre ces mots de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos (…) Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
P. Etienne Nemi, Cssp