26ème dimanche Ordi. A

26 ème dimanche Ord. « A ». 

EZ 18, 25-28

Ps 24(25)

Ph2, 1-11

Mt 21, 28 -32. 

« Lequel des deux a fait la volonté du père ? »

La réponse à cette question paraît évidente. En effet, après avoir dit non, c’est finalement le premier des deux fils qui fera la volonté de son père, alors que l’autre, qui avait pourtant dit oui, ne la fera pas.

À juste titre, on peut trouver un certain mérite au premier fils. Il s’est rendu compte qu’il prenait le mauvais chemin et est finalement revenu sur ses pas, pour faire ce qu’il avait pourtant refusé de faire. 

Comme lui, il nous est déjà arrivé, à nous aussi, de regretter une parole que nous avons dite, une décision que nous avons prise, un geste que nous avons posé, parce qu’on s’est rendu compte qu’on était allé trop loin, qu’on s’était trompé, qu’on avait eu tort, qu’on avait mal apprécié la situation… 

Ce fils nous montre que la grandeur d’une personne, c’est son humilité, c’est sa capacité à savoir reconnaître son tort, mais surtout son courage à se repentir et à le réparer.  Mais choisir de s’entêter par orgueil, par peur de perdre la face, est généralement un signe de notre faiblesse, de notre petitesse, de notre manque de courage. 

Nous sommes souvent nombreux à reconnaître, dans la vérité de notre cœur, que nous nous sommes trompés. Mais combien sommes-nous à avoir le courage et la liberté du repentir, du retour en arrière ? Souvent, ce n’est pas la conscience de notre faute qui nous fait défaut, mais l’humilité de le reconnaître et le courage de nous dédire. On s’estime certainement, trop grand, trop intelligent, pour montrer des signes de notre fragilité. Pourtant, retourner en arrière parce qu’on s’est trompé, ce n’est pas reculer, c’est se donner les moyens de bien avancer. 

Quelqu’un disait fort à propos : « Mieux vaut faire demi-tour à mi-chemin que de se perdre complètement. » C’est ce qu’a compris et a fait ce fils. A nous de le comprendre aussi. Et lorsque Jésus parle des publicains et des prostituées qui nous précèdent dans le royaume de Dieu, il parle justement de ces personnes qui, à un moment donné de leur vie, ont fait demi-tour à mi-chemin ne pour ne pas se perdre complètement.

Si l’on reconnait le mérite du premier fils, devons-nous pour autant condamner l’autre ? Je crois qu’au contraire, on pourrait beaucoup apprendre de lui. 

En effet, avec lui nous voyons que faire le bien, c’est bien plus facile à vouloir qu’à faire. Que notre bonne volonté, notre bonne foi ne suffisent malheureusement pas toujours. Quand Pierre promettait par exemple à Jésus qu’il ne l’abandonnerait jamais, il était de bonne foi, et croyait fermement qu’il pourrait le faire. De même, quand devant le Seigneur, il nous arrive de prendre des engagements, de promettre par exemple de pardonner, de partager, personne n’oserait nous soupçonner de mauvaise foi. Et pourtant, combien sommes-nous à le faire réellement ?

Souvent, le Seigneur voit bien notre bonne volonté, notre générosité, mais il voit aussi nos limites, nos fragilités humaines. Même pour les meilleurs d’entre nous, il y aura toujours un grand écart entre nos promesses à Dieu et nos actes, nous serons toujours comme celui qui dit oui à Dieu et ne fait rien, et ne fait pas grand-chose. Saint Paul trouvera des mots justes pour l’exprimer : « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » 

Nous sommes souvent loin d’imaginer la souffrance et la peine de ceux qui, malgré leurs efforts, leur bonne volonté, n’arrivent pas toujours à faire ce qu’ils ont pourtant promis à Dieu et à leurs frères et sœurs. 

Derrière une vie qui dit NON extérieurement, se cache parfois un cœur désespéré qui n’aspire qu’à dire OUI. Oui, très souvent, nous portons comme une croix très lourde, le poids de nos NON, de nos chutes, de nos fautes. 

C’est aussi pour cela que le Seigneur nous comprend, et qu’il nous pardonne… 

P. Etienne NEMI, Cssp